Lorsqu’un jeu de société reconnu devient une édition entièrement conçue autour d’une destination, son prix ne se compare plus mécaniquement à celui du jeu d’origine. Personnalisation, exclusivité, valeur ludique et valeur émotionnelle se combinent pour créer un produit différent.

Dans ces conditions, vendre un jeu personnalisé environ 50 % plus cher que sa version standard n’a rien d’incohérent. Ce niveau de valorisation peut même se révéler relativement prudent.

Le prix du produit d’origine n’est pas toujours le bon point de comparaison

Le raisonnement paraît pourtant évident : un jeu coûte 12 € dans le commerce, sa version personnalisée est proposée à 18 €, donc elle coûte 50 % plus cher.

Mathématiquement, c’est exact. Commercialement, la comparaison est beaucoup moins évidente.

Car le visiteur n’achète pas simplement le même jeu auquel on aurait ajouté un logo. Il découvre une édition qu’il ne trouvera nulle part ailleurs, conçue autour du lieu où il séjourne et capable de lui faire revivre une partie de son expérience une fois rentré chez lui.

Le produit a changé. Son référentiel de valeur aussi.

Ce que nous apprend la boutique du British Museum

L’exemple du British Museum est particulièrement intéressant.

Au moment où nous écrivons ces lignes, sa boutique propose un tote bag en coton illustré de la façade du musée à £3,99.

Dans la même famille de produits, un tote bag exclusif dessiné par l’illustratrice Josie Shenoy est vendu £14,99. Une édition exclusive associant les Schtroumpfs à Bastet, figure emblématique des collections du musée, atteint £18,99.

Les trois produits ne sont évidemment pas strictement identiques : conception, matière et niveau de finition varient. Il ne s’agit donc pas d’une expérience scientifique permettant d’attribuer l’écart de prix à un seul facteur.

Mais commercialement, l’exemple est très parlant. Il n’existe pas « un prix du tote bag ». Il existe un prix pour un objet fonctionnel, et un autre pour un objet travaillé, exclusif, porteur d’une histoire et associé à une expérience culturelle.

Dans une même famille d’objets, la valeur perçue peut ainsi changer radicalement. Pourquoi en irait-il autrement pour un jeu ?

La personnalisation peut créer beaucoup plus que quelques pourcents de valeur

Les travaux académiques vont d’ailleurs dans ce sens.

Franke et Piller ont étudié la disposition à payer pour des montres personnalisées par leurs utilisateurs. Dans leurs expériences, la valeur attribuée aux montres personnalisées était en moyenne 100 % supérieure à celle des montres standard de qualité technique comparable. L’étude a été publiée dans le Journal of Product Innovation Management .

Cela ne signifie évidemment pas que toute personnalisation permet automatiquement de doubler un prix. Cela montre quelque chose de plus intéressant : lorsque la personnalisation crée réellement de la valeur pour son propriétaire, le supplément acceptable peut être très loin d’être marginal.

Et dans le tourisme, le mécanisme est particulièrement favorable.

Une étude publiée en 2024 dans le Journal of Destination Marketing & Management montre que les produits touristiques culturels et créatifs présentant un design original augmentent la disposition des visiteurs à payer un prix premium. Les chercheurs identifient notamment deux mécanismes : l’innovation perçue et la valeur culturelle perçue.

Autrement dit, ce qui fait précisément la différence entre un produit générique portant le logo d’une destination et un produit réellement pensé pour elle.

Un jeu personnalisé cumule plusieurs sources de valeur

Dans le cas d’un jeu Better Journey, la personnalisation ne s’arrête pas à l’emballage. La boîte, les illustrations, les lieux, les personnages et différents éléments du jeu peuvent être réinterprétés autour de la destination. Le visiteur retrouve son séjour jusque dans les parties qu’il jouera plus tard.

Mais surtout, le produit conserve sa fonction première : c’est un véritable jeu de société.

Valeur ludique Une mécanique déjà éditée et éprouvée, sélectionnée pour le public visé.
Valeur créative Une édition profondément personnalisée, bien au-delà de l’ajout d’un logo.
Valeur émotionnelle Un souvenir capable de réactiver l’expérience vécue sur la destination.
Valeur d’exclusivité Un produit propre au lieu visité et difficile à comparer directement à une édition standard.

Un magnet est essentiellement un souvenir. Un jeu est essentiellement un loisir. Un jeu personnalisé peut être les deux à la fois.

Cette double fonction change naturellement le prix que le visiteur peut être prêt à lui attribuer.

Le souvenir lui-même possède une valeur économique

Les recherches consacrées aux souvenirs touristiques montrent également que leur valeur ne dépend pas seulement de leur utilité matérielle.

Émotion, authenticité, valeur symbolique et capacité à faire ressurgir les souvenirs du séjour participent à la valeur attribuée par le visiteur. Ces mécanismes ont notamment été étudiés dans la recherche sur la valeur perçue des souvenirs touristiques.

Avec un jeu, cette dimension prend une forme particulièrement intéressante : le souvenir n’est pas seulement regardé, il est réutilisé.

Une nouvelle partie peut remettre la destination au centre d’une conversation plusieurs mois après le voyage : « Tu te souviens ? On avait acheté ce jeu là-bas. » À cet instant, la boîte n’est plus simplement un produit dérivé. Elle devient un déclencheur de mémoire et un prolongement de l’expérience touristique.

Alors, +50 % : beaucoup ?

Pas nécessairement.

Pour un produit standard auquel on aurait simplement ajouté un logo, un supplément de 50 % serait probablement difficile à justifier.

Mais ce n’est pas le modèle Better Journey.

Lorsqu’un jeu associe une mécanique éprouvée, une licence officielle, une création graphique propre à la destination, une distribution exclusive et la valeur émotionnelle du souvenir, un positionnement environ 50 % supérieur au jeu d’origine devient parfaitement crédible.

Et les exemples commerciaux comme les recherches disponibles montrent qu’il ne faut surtout pas considérer +50 % comme une limite théorique à la valeur que peut créer une personnalisation réussie.

L’objectif n’est donc pas de prendre le prix d’un jeu et de lui ajouter arbitrairement 50 %. Il est de créer un produit suffisamment différent, désirable et exclusif pour que son propre prix devienne naturel.

Le bon raisonnement n’est probablement pas « Combien coûte le jeu d’origine ? », mais « Combien vaut, pour une famille, un véritable jeu qu’elle ne peut trouver qu’ici et qui lui permettra de revivre une partie de ses vacances pendant plusieurs années ? »

C’est à partir de cette question que Better Journey travaille le format, le niveau de personnalisation et le positionnement prix de chaque projet.